À 30 km/h de moyenne, ces trains légendaires coûtent pourtant plus cher qu'un TGV

À l'ère des lignes à grande vitesse où chaque minute gagnée se monnaye, certains convois font le pari inverse : ralentir au maximum pour transformer chaque kilomètre en spectacle. De la Suisse aux Pyrénées catalanes en passant par l'Outback australien, découvrez comment ces trajets à petite vitesse sont devenus parmi les plus prisés et les plus spectaculaires de la planète.
Les trains les plus lents du monde : quand rouler à 30 km/h coûte plus cher qu'un TGV
Dans l'imaginaire ferroviaire moderne, la performance se mesure en centaines de kilomètres par heure. Pourtant, une poignée de lignes mythiques cultivent l'extrême lenteur comme un art de vivre. Sur ces voies escarpées ou isolées, la lenteur n'est pas un défaut technique : c'est l'argument principal du voyage.
1. Le Glacier Express (Suisse) : l'express le plus lent du globe
Surnommé officiellement « le train express le plus lent du monde », le Glacier Express relie les stations alpines de Zermatt et Saint-Moritz à travers les Alpes suisses.
- Vitesse moyenne : environ 36 km/h.
- Distance & Durée : 291 km parcourus en près de 8 heures.
- L'expérience : 91 tunnels traversés, 291 ponts et viaducs franchis, et le passage du col de l'Oberalp à plus de 2 033 mètres d'altitude.
Grâce à ses voitures panoramiques offrant une vue plongeante sur les sommets enneigés et son service de gastronomie servi à la place, le billet dépasse aisément les 150 à 300 CHF (hors suppléments de réservation ou classe d'exception), prouvant que le temps passé à bord est ici la véritable valeur ajoutée.
2. Le Train Jaune (France) : le monument centenaire des Pyrénées
Véritable fierté ferroviaire d'Occitanie, le Train Jaune (ou Canari) sillonne les Pyrénées catalanes depuis plus d'un siècle entre Villefranche-de-Conflent et Latour-de-Carol.
- Vitesse moyenne : environ 30 km/h (avec des pointes n'excédant pas 55 km/h).
- Distance & Durée : 63 km en un peu plus de 3 heures.
- Particularités : voie métrique alimentée par un troisième rail, passage sur le pont suspendu Gisclard (80 m au-dessus du vide) et desserte de la gare de Bolquère-Eyne, la plus haute gare de France à 1 593 m.
Bien qu'il reste intégré au réseau régional TER avec des tarifs très accessibles, monter dans ses voitures découvertes en plein été offre un dépaysement digne des grandes expéditions d'époque.
3. The Ghan (Australie) : la traversée lente du désert rouge
Traverser un continent du nord au sud sans se presser : c'est la promesse du Ghan, le train de légende qui relie Adelaide à Darwin via Alice Springs.
- Vitesse moyenne : environ 85 km/h, modeste au regard de l'immensité de l'Outback.
- Distance & Durée : près de 2 979 km avalés en 54 heures (environ 3 à 4 jours d'expédition).
- Le convoi : un géant d'acier pouvant dépasser le kilomètre de long avec plus de 40 voitures.
Ici, le trajet fonctionne comme une croisière terrestre haut de gamme : cabines privatives, repas gastronomiques et arrêts d'exploration au cœur du désert australien, avec des forfaits atteignant plusieurs milliers d'euros par passager.
Pourquoi le « Slow Travel » ferroviaire fascine-t-il autant ?
À l'heure où l'aviation et les TGV cherchent à effacer les distances, ces lignes lentes répondent à une attente grandissante des voyageurs :
- La contemplation : Les baies vitrées panoramiques transforment les paysages en tableau vivant permanent impossible à admirer à 300 km/h.
- L'exploit d'ingénierie historique : Ces tracés serpentent souvent le long d'ouvrages d'art spectaculaires taillés à flanc de falaise au début du XXe siècle.
- La déconnexion assumée : Prendre son temps devient le luxe ultime, transformant le moyen de transport en destination à part entière.
Cet article vous a-t-il été utile ?
Soyez le premier à noter cet article.
Commentaires (0)
Aucun commentaire publié pour le moment. Soyez le premier à réagir.