Plus de 11 heures de retard sur un TGV Hendaye-Paris : la nuit blanche des voyageurs après une rupture de caténaire

par Marion GallierRetard
Motrice TGV Inoui à Ossun
Shougissime · CC BY-SA 4.0Wikimedia Commons

Parti d’Hendaye jeudi après-midi, un TGV à destination de Paris a été immobilisé dans les Landes après la rupture d’une caténaire, très probablement due à la foudre. Les passagers ont passé plusieurs heures bloqués, puis une nuit blanche en gare de Bordeaux, avant d’arriver en région parisienne vendredi matin avec plus de 11 heures de retard.

Un trajet de cinq heures transformé en odyssée nocturne

Le TGV qui a quitté Hendaye jeudi 20 août en milieu d’après-midi devait rallier Paris-Montparnasse en début de soirée. Vers 17 h 15, peu après la gare de Dax, le train s’est arrêté. Une caténaire a cédé entre Ychoux et Morcenx, privant la ligne d’alimentation électrique. SNCF Réseau indique que ce défaut est « très probablement provoqué par la foudre », dans un département alors placé en vigilance jaune orages.

Les voyageurs sont restés immobilisés plusieurs heures à bord. La climatisation et les toilettes ont cessé de fonctionner. Une femme enceinte présentant des contractions a dû être évacuée. Les passagers ont ensuite été dirigés vers Dax, puis vers Bordeaux, qu’ils n’ont rejoint qu’au cœur de la nuit, entre 2 h et 4 h du matin selon les groupes.

À Bordeaux-Saint-Jean, les premiers trains vers Paris n’ont pu être pris qu’à partir de 5 h 18. L’arrivée à Montparnasse s’est faite aux alentours de 8 h 40, soit plus de 11 heures 30 de retard pour un voyage initialement prévu en cinq heures. D’autres trains au départ d’Hendaye, de Tarbes ou d’Arcachon ont été supprimés dans la soirée, étendant les perturbations au réseau régional.

Une prise en charge jugée insuffisante par les voyageurs

Plusieurs passagers ont décrit un manque de communication pendant l’arrêt et une organisation approximative une fois en gare de Bordeaux. Des bouteilles d’eau ont été distribuées, mais les encas proposés étaient sommaires. Certains ont dû passer la fin de nuit dans le train ou dans la gare, faute d’hébergement immédiatement disponible malgré les annonces précédentes.

Ces situations rappellent les difficultés récurrentes rencontrées par les voyageurs confrontés à des imprévus majeurs. Les retards importants, les transbordements chaotiques et les nuits passées en gare font partie des récits que l’on retrouve régulièrement chez ceux qui empruntent les trains longue distance. Les mésaventures du bus longue distance racontées par les voyageurs montrent que les mêmes problèmes de communication et de conditions d’attente se retrouvent aussi sur d’autres modes de transport.

Des alternatives difficiles à activer en pleine nuit

Face à un tel incident, les solutions de repli sont limitées. Reprendre la route en bus ou en voiture depuis les Landes ou Bordeaux en pleine nuit n’est ni simple ni économique. Les liaisons routières existent, mais elles allongent encore le temps de trajet et exposent les voyageurs à d’autres contraintes, notamment en période de chaleur. Quand l’été transforme nos trajets en sauna illustre les conditions parfois pénibles à bord des cars lors des fortes températures.

Pour ceux qui rentrent de vacances ou qui se déplacent entre le Sud-Ouest et Paris, l’incident remet en lumière l’intérêt de comparer les options avant de partir. Train, bus et parfois ferry offrent des alternatives dont les coûts et les durées varient fortement. Les alternatives en train, bus et ferry au départ de Paris permettent d’évaluer ces choix en amont, même s’ils ne protègent pas toujours des aléas climatiques ou techniques.

Un réseau encore fragile face aux intempéries

La SNCF a annoncé une reprise progressive du trafic dans la matinée de vendredi, avec des retards résiduels attendus. SNCF Voyageurs a indiqué regretter les désagréments et a prévu une compensation exceptionnelle à hauteur de 200 % du prix du billet pour les passagers concernés.

Cet épisode s’ajoute à une série d’incidents liés aux orages ou aux défaillances d’infrastructure qui perturbent régulièrement les grandes lignes. Pour les voyageurs, la leçon reste pragmatique : anticiper les retards possibles, prévoir de quoi tenir plusieurs heures, et garder un œil sur les solutions de repli, même imparfaites. Dimanche soir, après une nuit blanche entre Dax et Bordeaux, les passagers de ce TGV Hendaye-Paris ont enfin pu regagner la capitale.

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